Les Cahiers Protagoras est la revue bisannuelle de notre laboratoire, éditée en collaboration avec la maison d’édition L’Harmattan. 

Les Cahiers rassemblent des articles écrits par des chercheurs et des professionnels de la communication, travaillant sur les enjeux de communication politique et publique contemporains. 

La direction éditoriale des Cahiers est assurée par Dr. Loïc Nicolas.

Les Cahiers de Protagoras

8 | De la temporalité en politique

Conscient du bénéfice à tirer d’une approche scientifique pluridisciplinaire, ce nouveau numéro des Cahiers PROTAGORAS permet d’aborder avec finesse la géométrie – flexible en fonction des époques et des contextes – des liens qui unissent temps et politique. Le terrain d’enquête s’avère éminemment riche d’enjeux et d’analyses pour la communication publique et politique. Temps long, temps court, immédiateté, permanence, intemporalité, instantanéité, passé simple ou futur antérieur… le (champ) politique est traversé de logiques parfois contradictoires qu’il convient d’aborder tant du point de vue des acteurs, c’est-à-dire de leurs méthodes et stratégies, que des dynamiques sociales et des représentations qu’elles portent. Les articles rassemblés ici s’y emploient avec force et de façon complémentaire.

7 | Les émotions en discours

S’interroger sur les émotions en politique suppose de poser d’emblée qu’il ne saurait y avoir de politique, et même de décision politique, sans émotion ni affect. Omniprésentes, les émotions sont consubstantielles à l’exercice du pouvoir ; consubstantielles à la démocratie également. Elles en traversent la pratique quotidienne et viennent structurer les rapports entre les acteurs qui habitent l’espace politique. Elles donnent du sens, de la force et de la valeur aux actes qui y sont posés. Ce nouveau numéro des Cahiers PROTAGORAS se propose d’en analyser les différentes facettes, les impensés et les zones d’ombre pour nous aider à mieux comprendre la place cruciale que les émotions, en tant qu’outil et comme matériaux du discours, occupent à l’intérieur de la communication politique.

6 | La communication européenne, une scène de combats ?

La reconnaissance du rôle crucial de la communication dans la fabrique
symbolique du politique a profondément nourri et relancé les études en
communication publique. Elle les a ouvertes à une démarche transdisciplinaire très riche sur le terrain européen. De nombreux auteurs en philosophie politique, en sciences sociales, mais aussi en rhétorique et en argumentation se sont intéressés à la fonction autant qu’au fonctionnement du dissensus en démocratie. Suivant cette démarche, la confrontation a pu être reconnue comme le ciment même de la communauté politique. Mais les tensions entre consensus et dissensus n’en demeurent pas moins vives.

À la lumière de celles-ci, le présent volume des Cahiers PROTAGORAS
propose alors d’explorer et d’interroger les voies ambiguës de la communication publique et politique européenne.

5 | L'univers des marques politiques

Les personnalités politiques sont-elles des marques comme les autres? Dans quelle mesure est-il riche et fécond de les penser comme telles – c’est- à-dire de façon métaphorique? La situation est-elle identique en Europe et aux États-Unis? Est-ce un simple effet de mode ou le re et d’une dynamique plus profonde? Comment s’opère l’importation, d’une part des concepts, d’autre part des techniques et des outils propres au marketing commer- cial, à l’intérieur du champ politique? Quelles sont les conséquences de cette importation sur les comportements électoraux, les partis et, en n de compte, sur l’espace démocratique lui-même? Les idéologies ont-elles encore leur place et leur pertinence dans l’univers des marques politiques? Autant de questions qui sont au cœur de ce cinquième numéro des Cahiers PROTAGORAS.

 

Dès lors, sur la base de cas concrets et à partir d’un arsenal théorique toujours solidement étayé, les études réunies ici s’attacheront à analyser les évolutions, permanences et tendances fortes de la communication poli- tique et de ses artisans – les «fabricants de messages». Les stratégies et les méthodes (qu’elles soient nouvelles ou non) de ces derniers feront l’objet de ré exions de fond capables de relever la valeur autant que la logique de la métaphore initiale. On verra alors que les marques politiques peuvent représenter – au moins dans une certaine mesure – un moyen de faire émerger du sens là où celui-ci, de plus en plus, paraît vacant.

4 | Communiquer (sur) la radicalité

 La « radicalité », dans ses différentes dimensions ou acceptions, constitue un terrain d’enquête particulièrement fertile au regard de la variété des corpus qu’elle nourrit et des mobilisations qu’elle porte à l’intérieur de l’espace social et politique ; dans le champ des idées comme dans celui des médias. Malgré tout, les recherches dédiées à la radicalité, en communication politique comme en sciences du langage, n’en restent pas moins marginales. C’est à ce vide (au moins relatif) qu’entend répondre cette publication qui réunit dix contributions pluridisciplinaires situées au croisement du théorique, du descriptif et du pratique. L’analyse des champs lexicaux, arrière-plans topiques et univers de représentation permet ainsi de mieux comprendre ce qui est au coeur de l’action « radicale » et de sa communication.

3 | Jeunes, politiques et réseaux sociaux

En Belgique francophone, les infographies en ligne emboîtent progressivement le pas sur les affichages imprimés. Ces productions numériques ciblent un public jeune – les primo-votants en particulier – identifié comme le groupe significatif en termes d’utilisation des réseaux sociaux. Résultat de ce basculement de l’affichage vers les murs Facebook : les enjeux sociétaux majeurs semblent avoir disparu des productions graphiques, remplacés par un discours davantage lisse, orienté vers l’attractivité électorale plutôt que vers le débat idéologique. Or, en s’intéressant plus particulièrement aux campagnes numériques du Parti Socialiste et du Mouvement Réformateur, Catherine Stilmant démontre, après une enquête menée auprès de plus de 500 jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles, que les formations partisanes peinent à entrer en contact avec des jeunes qui ne soient pas déjà politiquement impliqués.

2 | Incarnation et représentation

Les quatre articles rassemblés dans ce numéro des Cahiers PROTAGORAS s’intéressent à la communication politique en Europe et, pour deux d’entre eux, à celle de l’Union européenne. Le trajet ambitieux et passionnant que dessine cet ensemble nous conduira de Bruxelles à Paris en passant par Strasbourg et Berlin.

La question du discours, de ses fonctions et de l’adhésion qu’il est censé porter, y tient une place cruciale. Nous verrons pourquoi corps et mots, raison et émotions, compétences techniques et stratégies rhétoriques, temps long et temps court, doivent être pensés de concert. L’efficacité de la parole est à ce prix, comme celle du projet dont elle est le support.é

1 | European interparty communication

[En anglais] In a time of economic and financial crisis, many of the major governing parties have been held responsible for the economic setback and have been undergoing historic backlashes. This has resulted in the emergence of new Eurosceptic political actors.

In such a context, the 2014 elections were a crucial event that saw the electoral exploits of many Eurosceptic parties all over Europe which, with clever communicative strategies, were able to convey and express the widespread discontent that many people felt, particularly towards the way the European crisis had been managed. Two of the most voted Eurosceptic parties, the Italian Five Stars Movement and UKIP, formed a coalition in the European Parliament ‒ an unfathomable coalition ‒ given the clear divides in their political manifestos and in their vision of Europe.

Through a thorough discourse analysis of the ideology, narrative and communicative approaches of the two parties applied before, during and after the European elections, this paper attempts to answer the question and investigate whether their alliance was based on a purely strategic objective where similar ideologies and political positions on Europe have very little space. This is a very current question that has continued, till today, to have implications and to shake the recently troubled EFDD group in the European Parliament.

La question du discours, de ses fonctions et de l’adhésion qu’il est censé porter, y tient une place cruciale. Nous verrons pourquoi corps et mots, raison et émotions, compétences techniques et stratégies rhétoriques, temps long et temps court, doivent être pensés de concert. L’efficacité de la parole est à ce prix, comme celle du projet dont elle est le support.

0 | L'impossible retour? Redevenir journaliste après une parenthèse politique

Depuis de nombreuses années, chaque élection entraîne un lot de bouleversements dans les rédactions belges francophones. Des journalistes décident d’aller voir de l’autre côté du miroir et tentent leur chance en politique, en tant que mandataires ou en tant que communicants. Jusque là, rien d’étonnant, mais l’éventualité d’un retour au journalisme pose son quota de questions. Des aspects comme le microcosme politico-médiatique, les règlements en vigueur dans les rédactions ainsi que les difficultés du retour, tant pour le média que pour ’auteur du transfert seront abordés.

L’article se concentre essentiellement sur des analyses de cas. C’est à travers les témoignages de ces personnalités que se dégageront des éléments de réponses à la question : « L’impossible retour ? Redevenir journaliste après une parenthèse politique ». Une pratique sur laquelle les avis divergent, certainement en raison de la nébuleuse déontologique qui l’entoure.